Article CCXXVIII : Scarface, the american dream

Article CCXXVIII : Scarface, the american dream

   

 
« The world is yours »
 


Tout le monde a déjà vu un jour l'affiche du SCARFACE de Brian De Palma (1) en noir et blanc avec Al Pacino, seul, l'air mauvais, tenant un flingue. Rares sont les affiches ou personnages de cinéma à traverser le temps et à susciter autant d'intérêt.
Cela fera 30 ans lundi que ce SCARFACE - je dis ce car il s'agit à la base d'un remake actualisé du grand classique du même nom réalisé par Howard Hanks (2) qui a fait le bonheur des spectateurs dès 1932 (au passage, Scarface était le surnom d'Al Capone) - est sorti dans les cinémas américains. Le 09 décembre 1983, pour être plus précis. Et comme durant toutes ces années d'articles sur Internet je n'ai pas encore écrit sur celui-ci, l'occasion m'a l'air très bonne.
Avant de plonger dans cette histoire noire et violente malgré certains paysages et décors, il faut se remettre dans le contexte : durant les plusieurs mois que dure l'exode de Mariel où des cubains considérés par le régime de Fidel Castro et lui-même comme étant des contre-révolutionnaires, plusieurs milliers de personnes (125 000 en tout) sont envoyées vers la Floride, aux États-Unis, alors dirigés par Jimmy Carter, qui les accueillent à bras ouverts. Pour encore mieux situer, on dit ici que Fidel Castro en profite pour également se débarrasser des prisonniers de droit commun et les fait embarquer pour les USA. Ils seraient en tout pas moins de 25 000.
Antonio Montana, dit Tony (Pacino), extrêmement colérique, haineux, dangereusement ambitieux, psychotique ou encore parano, fait partie de ceux-là, ainsi que son ami Manolo Ribera, dit Manny (Steven Bauer). Ils s'installent à Miami en espérant faire fortune.
 
Article CCXXVIII : Scarface, the american dream


Alors qu'ils sont dans un camp de réfugiés, Manny trouve le moyen, auprès d'un caïd du coin, d'obtenir une carte verte contre un contrat d'assassinat visant un ressortissant communiste du camp. Grâce à cette carte verte, ils trouvent un petit boulot dans une baraque à frites de la région. Mais travailler pour quelques dollars n'est en rien pour eux le sens du fameux rêve américain. Un soir, Omar Suarez (F. Murray Abraham), le bras droit du caïd de la pègre locale Franck Lopez (Robert Loggia), leur propose alors 500 dollars pour décharger de la marijuana d'un bateau. Tony, d'une prétention pas possible, refuse. Il se dit assez important pour des missions plus à risques. Ils toucheront alors 5 000 billets pour faire leurs preuves lors d'un rendez-vous armé : acheter de la cocaïne à un revendeur qui essaie de les doubler. Mais les choses tournent mal et un compagnon de Tony se fait découper à la tronçonneuse, dans une baignoire, sous ses propres yeux. Tony et ses complices prennent cependant l'avantage grâce à une insensibilité omniprésente. Ils fuient avec l'argent et la drogue du dealer.
Lopez, content d'avoir pu garder l'argent grâce à eux, les recrute et est intéressé par Tony qu'il prend sous son aile. Sauf que celui-ci, de plus en plus accro à la drogue qu'il vend, veut impérativement devenir le boss de Miami et de plus prendre la femme de Lopez, Elvira (Michelle Pfeiffer), malgré le mépris qu'elle éprouve à son égard.
Film culte à l'univers qui n'a eu de cesse de marquer plusieurs artistes depuis sa sortie et dont la séquence finale est un grand moment de cinéma. Brian De Palma ne copie en rien l'original d'Howard Hanks, il s'approprie juste le contexte de l'histoire en l'actualisant efficacement, en montrant un Miami irrécupérable et (presque) déconseillé. En ce qui concerne les acteurs, Paul Shenar, un des grands méchants de SCARFACE (encore plus que Tony, c'est pour dire le calibre du bonhomme...) est d'une froideur dangereuse, d'une présence presque glaçante, bref, je lui tire mon chapeau, tandis que Michelle Pfieffer nous inonde par son talent. Elle réussit à s'imposer malgré l'absence, la désillusion puis même la détresse que ressent et exprime son personnage (sa meilleure scène étant certainement celle du restaurant où elle envoie tout balader et se dispute violemment avec Tony, alors devenu son mari).
Quant à Al Pacino, il nous sert une prestation d'anthologie, viscérale. Grâce à son caractère plus qu'odieux, son Tony Montana a des allures du Richard III de Shakespeare (3) - personnage dont il fera une sorte de documentaire plusieurs années plus tard (4) - et devient malheureusement un modèle pour certains car après tout, Tony Montana, parti de rien pour devenir riche et puissant, malgré le milieu et les méthodes employées, réalise tout simplement le rêve américain.






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1 = Réalisé par Brian De Palma d'après le film du même nom d'Howard Hanks datant de 1932, avec Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Steven Bauer, Robert Loggia, F. Murray Abraham, Paul Shenar, Mary Elizabeth Mastrantonio, Harris Yulin, Mark Margolis, écrit par Oliver Stone (1983 Universal Pictures).
 
2 = Avec Paul Muni, Ann Dvorak, Karen Morley, Osgood Perkins, C. Henry Gordon, George Raft, Vince Barnett, Boris Karloff, écrit par Ben Hecht, Seton I. Miller, John Lee Mahin, William R. Burnett et Fred Pasley d'après le roman du même nom d'Armitage Trail datant de 1930 (1931 Caddo / United Artists).
 
3 = Personnage principal de la pièce du même nom (1592).
 
4 = LOOKING FOR RICHARD, avec et réalisé par Al Pacino, avec également Alec Baldwin, Kevin Spacey, Penelope Allen, Winona Ryder, Harris Yulin, écrit par Frederic Kimball (1996 20th Century Fox / Chal Productions / Jam Productions). SÉLECTION OFFICIELLE DU FESTIVAL DE CANNES 1996 (EN COMPÉTITION).

Photo : 1983.

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Comments :

  • oX-The-little-Dolls-Xo

    21/12/2013

    J'ai regardé Tucker and Dale aussi, vraiment marrant et original ce film !

  • oX-The-little-Dolls-Xo

    21/12/2013

    J'ai bien aimé même si c'est pas un coup de coeur. Quelques frissons à certains moments surtout quand y'a la femme au fusil qui sourit à la fin !

  • oX-The-little-Dolls-Xo

    06/12/2013

    En parlant de film hier j'ai regarde Insidious.

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